【002】𝔪𝔞𝔫𝔱𝔯𝔞 𝔭𝔬𝔲𝔯 𝔩'𝔢𝔞𝔲 𝔮𝔲𝔦 𝔡𝔬𝔲𝔱𝔢༄
j’ai passé tant de temps à douter. de ma voix, de l’intérêt de ma parole, de ma capacité à créer. le doute s’apprivoise mais ne se dompte jamais. à celleux qui n'ont pas forcément le vertige mais qui ont peur du vide, voici un mantra à mettre dans sa poche pour traverser les creux des jours sans࿓
(vous pouvez le copier, le coller, le modifier pour qu’il colle mieux à votre peau, c’est en libre service)
tu descends tu remontes tu coules tu hésites et la pluie te donne parfois des forces comme parfois elle t'en prend. c'est depuis le haut de la vague que je t'écris, pour que son creux ne soit plus aussi terrifiant. pour que le regard, au lieu de s'hypnotiser dans l'obscurité sans contours, s'accroche aux courants, aux zébrures du jour, aux bulles d'air qui montrent toujours le chemin vers un autre versant.
tu cherches à l'apprivoiser, mais c'est un furtif. il ne se laissera jamais caresser du bout des doigts. il s'évapore quand on le touche. le doute est une part de ton ombre & de ta silhouette. il est discret, ombrageux, amer, épais, insoluble, tenace. il s'est collé à ta semelle depuis le début. il démolit, défait, dérange. il t'aide à ne pas te prendre trop au sérieux. il est ton pire allié & ton meilleur ennemi.
rappelle toi que le palais des glaces est un piège. rappelle toi que ce qui t'intéresse vraiment, au fond, c'est de briser tous les miroirs dans la pièce ; car figer qui tu es te viderais lentement de ton essence. rappelle toi d'aller à la rencontre des voix derrière les murs. de laisser toujours la clé de tes tiroirs à l'étrange, à l'étranger, à ce qui est différent. rappelle toi d'accueillir les nouvelles écailles, les nouvelles plumes, les nouveaux visages en toi avec reconnaissance. rappelle toi que ce que tu cherches, c'est un chemin anti-nombriliste, « autro-centré ». tu es furtive. fais confiance au doute. tu es le doute. certitudes n'auront jamais leur place dans ton univers. le Mouvement est ton Nord, l'Instinct ton Sud, le Groove ton Est, la Vibration ton Ouest. à toi de choisir ce qui est Entre, ta matière noire.
rappelle toi que tu as du feu dans les mains : une allumette, un flambeau, des pouvoirs pour brûler, des pouvoirs pour guérir.
rappelle toi qu'on peut parler aux morts. que tu es vivante tant que tu vois quelque chose pousser, sous tes pieds ou dans tes idées. que les malédictions se conjurent. que tout se fissure, se chante, se dessine, se traverse, se renverse, palpite.
rappelle toi de toujours rester novice, de naître & renaître aux choses chaque matin, de ne laisser personne te dicter ton tempo. rappelle toi de faire des potions avec de l'eau & de la terre, de rester une enfant. rappelle toi que tu n'es pas ce que les autres pensent de toi. rappelle toi de chercher l'harmonie d'une vie qui n'en mange pas d'autres pour advenir.
rappelle toi de ne pas faire de compromis pour du commerce. rappelle toi de prendre le temps. rappelle toi que ton meilleur travail est toujours au devant. rappelle toi de mettre des fleurs à sécher entre les mots - témoins d'un lieu et d'un temps, quand se perdre-se trouver dans la pensée, des autres ou dans la sienne propre, nous heurte & nous fait grandir.
rappelle toi de ces quelques moments merveilles, ceux qui valent toute la peine des jours d'orage. ces moments pour lesquels on cherche les mots en vain – ce sont les mots qui finiront, peut-être, par nous trouver, et non l'inverse. ils viendront avec des textures, des éclats de son, du vent dans les feuilles, des murmures enchevêtrés sous les plis des plus beaux souvenirs, ceux que l'on rangera tout près du cœur pour lui servir de moteur - et ça repart pour un tour – peut être pas pour toujours, mais maintenant suffit.
rappelle toi du tambour. rappelle toi de la mélodie dans les pierres & des lueurs dans les guitares. rappelle toi que je suis dans ta poche. rappelle toi des étoiles. rappelle toi que tu tournes autour de l'une d'elles. rappelle toi que les toiles les plus solides se jouent des distances. que les ponts se construisent au-dessus des précipices. rappelle toi de ce qui naît à fleur de regards. des nouveaux langages immortels ouvrant leur corolle dans ton cerveau.
rappelle toi que jamais rien n'est plus comme avant et que c'est comme ça qu'on commence à nouveau, chaque jour.
Mes gris-gris chasseurs de mauvais doutes
Un clip
Un film documentaire
https://www.arte.tv/fr/videos/103998-000-A/xenakis-revolution/
Une chanson bizarre & merveilleuse
♡







celui-ci il faut se l'imprimer en poster et le relire souvent 💙
Très très beau texte , quel talent ma Belle pour dire ces belles choses… 💙